Dans les différentes séries qui constituent mon travail photographique, j'explore les aspects ordinaires des lieux pour les recomposer et questionner l'importance du regard pour leur donner du sens.

Observés lors de déambulations photographiques, les sujets se fondent dans la banalité du quotidien et laissent habituellement les passants indifférents. En resserrant mon attention sur des détails, en structurant l'espace par un jeu de lignes plus ou moins visibles, je tente de construire un équilibre de formes, de couleurs et de lumières pour donner du corps et une existence à des éléments anodins. L’absence d'effets, de cadrages et de post-traitements spectaculaires permet de conférer aux images une neutralité documentaire pour qu'elles conservent leur évidence naturelle. C'est une photographie minimale et neutre, qui ne tente pas de décrire un paysage, mais d'en donner une lecture.

Selon le contexte et la durée dans lesquels les séries sont réalisées ou montrées, il peut y avoir un second niveau de lecture, qui questionne le sens que l'on peut accorder aux images. Si Un inventaire ne fait que dérouler comme un fil sans fin une énumération de banalités urbaines, Diptyques se nourrit de cet inventaire pour jouer sur notre besoin impérieux de donner un fond narratif aux images.

La série Les faux souvenirs abordent la question de la mémoire et la résilience, Traces est un jeu de piste vernaculaire et la vidéo Paris vu du sol part à l'exploration d'une ville pour en brosser un portrait décalé. Ma fenêtre sur cour rompt le principe de la déambulation dans un rituel d'observation du passage du temps et de ses cycles.

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